B(r)ouillon d’émotions.

Alors. Pour ceux qui lisent ma TL, ils savent que je suis en boucle sur le dernier album de Beyoncé, « Lemonade ». En ce moment, je relaie pas mal de critiques qui sont faites sur son oeuvre, etc.
Il faut savoir que la musique des femmes noires (notamment noires américaines mais pas que) est très présente, depuis mon enfance. Ma mère, toujours dans cette volonté de montrer en exemple des femmes Noires fortes, était très sensible à la musique d’Aretha Franklin, Billie Holliday, Janet Jackson, Nina Simone et j’ai du coup repris cette habitude d’être influencée par ce type de musique. Elle me disait que quand elle était jeune et qu’elle venait d’arriver en France, c’était le seul moment où elle voyait des femmes noires à la télévision.

J’ai regardé l’album-visuel à trois heures du matin, dans le noir, avec une fana absolue de Beyoncé. J’ai ressenti une myriade d’émotions, de la joie à l’excitation, en passant par une colère que je n’expliquais pas et à de la tristesse. Les images étaient tellement belles, BELLES ! J’ai encore du mal à mettre des mots sur ce que j’ai ressenti.

Je suis juste heureuse de ressentir toutes ses sensations, de plénitude, de joie, de légèreté, d’amour à travers l’oeuvre de Beyoncé. Je ressens ça aussi quand j’écoute Solange, Jazmine Sullivan, Grace Decca, Patricia Essong, Laura Mvula, Tamar Braxton, Yseult…
Ce sont tant de voix, de mélodies, tout cet art qui me transcende.

Dans ma tristesse, ma lassitude, ma colère aveugle parfois, cet art panse mes plaies. Alors même que l’émancipation semble concrètement loin (est ce qu’on va voir une réduction des oppressions sur la race, le genre, la classe, ou les orientations sexuelles disparaître demain ? C’est fort peu probable), cet art m’emplit de joie, d’exaltation, dénoue le noeud qui pèse dans mon ventre.

Pendant une seconde, ces musiques me transportent dans un autre monde. Pendant 3.50, 5min ou une 1h, j’ai un petit goût de liberté sur mes lèvres.
Pendant 1h, cet art (dont parfois on pense tout ça superficiel) stimule mon imagination. Ça ressemble à quoi l’émancipation pour une femme noire ? Comment la raconter ?

C’est pour moi en ça que l’art peut être un moteur comme militante. Même si matériellement, ca n’a pas directement d’impact sur ma vie, ça raconte des histoires, nos histoires, de manières différentes. Nos combats. Et ça donne du courage les continuer, pour ne pas se faire dévorer de l’intérieur par la fatigue et la lassitude.
Et parfois tout simplement, pendant 4 min, tu penses à rien et tu es insouciante. Je serais toujours reconnaissante pour ces 4min. Elles me permettent de tenir.

Je me sens déjà un peu mieux.

Pour aller plus loin :
L’article de Mrs Roots sur Lemonade

L’article de Chillance Zone sur Lemonade

L’article du Guardian sur Lemonade

L’article de Melissa Harris-Perry sur Lemonade.

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