Après « Black Feminism, Womanism, and The Politics of Women of Color »…

Edimbourg, J+2…

Ce samedi, j’ai eu la chance d’intervenir dans le cadre de la conférence  » Black Feminism, Womanism and the Politics of Women of Color ». Plus qu’une chance, c’était un honneur d’intervenir et d’assister à la brillance de collectifs féministes menées par des femmes racisées. J’ai eu la chance de parler avec l’auteure et poétesse Sianah, de voir Cécile Emeké, d’assister aux temoignages inspirants et passionnés de deux femmes Noires du collectif Abinsidi  (qui organisait des sessions coiffures, des camps d’été ou encore qui gardaient les enfants de leurs communautés). J’ai eu le bonheur d’entendre Amandine Gaye parler de la question de l’adoption transnationale et transraciale et des points sensibles, brûlants qu’elle exposait. 

Ce samedi, j’ai eu la chance d’être dans un lieu où personne ne remettait en question les oppressions qu’elles pouvaient vivre. J’ai eu la chance de participer à une rencontre entre des chercheuses, des activistes, des artistes, qui parlaient de leurs expériences personnelle, de leur travail militant, de leurs recherches artistiques et universitaires. 

Un collectif de femmes noires, Abasindi, oeuvrant pour la communauté à Manchester

J’étais un peu intimidée, il faut le dire, à l’idée de parler dans ce cadre qui m’est familier en tant qu étudiante, spectatrice, mais pas en tant qu’intervenante à part entière. Mais la principale organisatrice Akwugo Emejulu nous a boosté en commencant la journée par un discours qui inscrivait la conférence dans un mouvement de construction du féminisme noir européen, et tout de suite, j’ai été transportée par ses propos. En rappelant que la pertinence du féminisme noir avait été questionnée non seulement par la droite (évidemment) mais aussi par une partie de la gauche, A. Emejulu a fait écho à une actualité brûlante que pas mal d’entre nous connaissent. Je me suis rappelé ce mouvement politique français qui prétend combattre « l’intersectionnalité » (?!?!) et je me suis sentie soutenue, à ma place dans cette salle de conférence qui ré-affirmait, dans un contexte européen, l’importance de prendre en compte les différentes oppressions de genre, de classe et de race qui s’imposent à nous, et qu’il est bon d’analyser et bien sûr de combattre.

Quel plaisir de voir une femme noire, au sein de l’université, mener ces conversations, créer des espaces dans un lieu qui n’est pas non plus exempt de logiques excluantes  (faut grave renoncer à l’idée que l’université, c’est le paradis non oppressif par excellence, parce que LOL ERREUR. Toute la violence symbolique que tu te prends dans la gueule quand tu maîtrises pas certains codes académiques… mais ceci est un autre sujet). Même s’il ne faut pas se perdre dans le piège de la représentation, j’ai quand même savouré ce moment. 

Cette rencontre, parler à des femmes noires habitant en Angleterre, en Irlande, aux Pays Bas, m’a donné encore plus envie d’approfondir mes études sur l’afro-féminisme dans une perspective européenne. Lire des textes produits par des femmes Noires qui parlent de migrations, de déracinement, de sexisme raciste et de racisme sexiste. Re-découvrir une histoire militante qu’on a laissé de côté et qu’on a considérée comme peu importante. Valoriser les travaux des femmes noires qui sont nos contemporaines  et s’atteler à ce que celles-ci, on ne les oublie pas.

Akwugo Emejulu et votre serviteuse

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