Utopies afroféministes.

0Je suis en pleine lecture de l’ouvrage « Écrire l’Afrique Monde » un ouvrage réunissant plusieurs textes de philosophes, penseur.es, écrivain.es africain.es et afrodescendante.s tels que Achille Mbembe, Léonora Miano, Nadia Yala Kisukidi. Ce livre est la suite des Ateliers de la Pensée, colloque tenu à Dakar en 2016 qui avait réuni ces personnalités. 

Celleux qui me suivent sur Twitter savent déjà. Ce livre me retourne le cerveau. Il provoque des feux d’artifices sous le crâne : je ne suis pas sûre encore, à l’issue de cette première lecture, de distinguer toutes les nuances des gerbes de couleurs, mais ce qui est sûre, c’est que je suis émerveillée. Ravie aussi de lire des auteur.es, penseur.es afrodescendants ET francophones contemporaines, trop peu entendues dans l’Hexagone. Ravie de découvrir la richesse des oeuvres et de la pensée africana.  

Cete lecture me pousse à écrire un texte sur l’afroféminisme, mouvement qui participe pleinement selon moi à la décolonisation des esprits. Plus encore, l’afroféminisme, comme tous les autres mouvements visant à l’émancipation de groupes oppressés (comme les mouvements d’antiracisme politique, le panafricanisme, la lutte contre le néocolonialisme ou l’islamophobie, la lutte contre un capitalisme reposant sur l’exploitation de corps racis.és.) est un humanisme. 

L’afroféminisme est un humanisme. 

En questionnant et en critiquant les structures oppressives comme le patriarcat, le racisme institutionnel, le cis-sexisme et la transphobie, l’afroféminisme pose les pierres d’une redéfinition d’une humanité digne. L’afroféminisme pose une réalité claire : l’homme blanc mince hétérosexuel, riche, vivant en plein centre d’une ville du Nord n’a plus le monopole de l’humanité. Il n’est plus le seul capable de produire de l’universel, d’en définir ses contours, ses limites et son histoire. 

Plongeant dans les racines des travaux de militant.es afrodescendante.s  appartenant aux différents espaces diasporiques, convoquant l’histoire des marges, l’histoire de nos mères et de nos pères,  l’afroféminisme rend hommage aux utopies de ces ainéE.s et affirme son attachement aux combats de la justice sociale. Le collectif Mwasi, notamment, nous procure un tas d’outils (rencontres, manifestations, festival…) qui permet de rappeler que les femmes noires, bien souvent effacées même à gauche, sont les premières bâtisseuses d’un monde où réduire les inégalités sociales et supprimer la brutalité des oppressions est une priorité. 

C’est pour moi important de se rappeler pourquoi on se combat, en quoi on croit, quand on est afroféministe. Certain.es de nos oppresseur.es nous poussent à nous concentrer sur la justification de nos moyens d’actions, de nos sujets de préoccupations, la manière dont on se présente. Ces ‘distractions » peuvent nous épuiser. Elles sont là pour nous empecher de travailler dirait Toni Morrison, de rêver à d’autres mondes. Pourtant, notre colère face aux discriminations est légitime. 

Notre colère, nos cris, nos rages, notre exaspération, nos pleurs sont légitimes. Notre colère est légitime car elle nait d’espoirs empêchés et de joies frustrées. Cette colère positive et créatrice est celle qui nous permet d’envisager un autre monde. 

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