Les Internets, il faut qu’on parle.

Parlons peu. Parlons bien.

Depuis quelques temps, il apparaît clair que les réseaux sociaux et internet deviennent un champ de cyber batailles entre différents camps politiques (Flavia Dzodan le dit bien mieux que moi). Quand je dis camps politiques, je ne parle pas seulement des fanzouses de Sarkozy ou de la Méluche Hive, bien qu’on pourrait en parler longuement. Je parle du fait que sur plusieurs platformes de réseaux sociaux, on laisse des groupes de gens appartenant à l’extrême-droite s’organiser. Ce n’est pas nouveau (CF l’affaire du Gamergate) et on voit que le grand public paraît se saisir de ces questions avec l’affaire #Webedia et un certain forum qui organisait des raids organisés sur des militantes féministes, des femmes et personnes trans, des afrofem et des femmes voilées depuis des années.

Une journaliste, également féministe, a été touchée par ce harcèlement, et a pu mobiliser son réseau médiatique, important, pour montrer la chose. C’est bien. Mais ce n’est qu’une partie du problème. Alors que Twitter se met à décerner des certifications à des néo-nazis américains, alors que les utilisateurs.trices de ce réseau ont alarmé à PLUSIEURS reprises de la prolifération des nazis sur le net, on voit des militants antiracistes, féministes, LGBT de plus en plus vulnérables. Après les raids, le spam, on observe une nouvelle technique : les néo-nazis signalent des comptes (ex Amel Lucky, OumyWanKenobi) ou des pages facebook, encore « peu suivis, non validés et ces comptes sautent.Alors que Twitter peine clairement (et ce n’est pas le seul) à protéger ses utilisateur.rices (de plus en plus de comptes se mettent en verrouillés etc), des groupes d’extrême-droite utilisent les propres outils de Twitter pour faire supprimer et suspendre certains comptes. Ça coûterait bcp aux plateformes de réseaux sociaux d’investir massivement dans des politiques qui visent à répondre efficacement à ce phénomène ? Où est-ce que ça leur rapporte de laisser ça en l’état ? Sans vouloir être dans le complotisme le plus total, je m’interroge.

Pourquoi j’en parle.

Twitter (et les réseaux sociaux) est un lieu où, entre deux fachos et « trolls » (des gens qui pratiquent souvent le harcèlement et qui sont souvent d’extrême-droite ou qui ont des idées réactionnaires ), on apprend pas mal de choses et surtout on diffuse pas mal d’outils pédagogiques, de notions de concepts, d’évent, de comptes rendus de manifestations ou de réunions. On sort parfois de l’isolement. C’est une ressource qu’il ne faut pas négliger. Certains ne le font certainement pas. Ça interroge aussi sur la fragilité de l’outil et du support : qu’est ce qui se passe si on est suspendu, quelles sont les solutions alternatives, comment on peut s’engager au quotidien. Je préfère le mentionner parce qu’on ne peut se permettre d’attendre qu’une autre personnalité ayant un fort capital social et (même si parfois dégradé) et une capacité à mobiliser importante se retrouve la cible de ces nouvelles méthodes : ces personnes se font d’abord les dents sur des profils vulnérables ou dont le public mainstream se foutent.

Quelques conseils, critiquables bien sûr, pour finir cette ébauche de réflexion, que je continuerais sur le blog et en dehors :

  1. Personnellement, j’essaie au maximum de de ne pas débattre avec les fachos. C’est une habitude à prendre parce que c’est dur de ne pas aller mentionner directement ces *********** bref. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps c’est une perte d’énergie. Du coup je ne recommande pas. Assénez des vérités à la limite, mais c’est tout.
  2. Variez les réseaux. Si possible, utilisez Discord (même si j’y pige rien pour l’instant).
  3. Si vous pouvez (vous êtes dans une grande ville et avez la possibilité mentale/physique) = allez aux rencontres IRL c’est cool.
  4. Hésitez pas à ouvrir un blog/Tumblr et désactivez les coms si besoin (l’écriture ça peut être difficile et tout mais vous êtes assez bon.nes)
  5. Les pauses c’est sous-coté parfois. La violence est aussi dehors mais on en subit pas mal aussi sur internet.

Pour aller plus loin :

Suivre Flavia Dzodan sur Twitter et lire son blog : Red lights Politics

Buzzfeed : Le terme de troll ne convient pas aux harceleurs sur le forum 18-25.

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