Là où l’humanité s’arrête.

Ce post sera court et sûrement décousu mais en tant que personne qui se dit afro féministe, inspirée par des féminismes noirs internationalistes, je ne pouvais pas ne rien poster.

Cette semaine, j’ai aperçu une vidéo d’un « marché aux esclaves » en Libye.

Cette semaine. J’ai aperçu. Une vidéo. D’un « marché. AUX ESCLAVES ».

Des personnes migrantes, dont on connaît, à force de récits racontés, les calvaires. Et pourtant, j’ai l’impression que la dimension terrible de ces calvaires est masquée. On égraine le nombre des mort.es dans la mer Méditerranée comme une fatalité, comme s’ils.elles n’étaient que des oeufs qu’il fallait casser pour protéger la forteresse Europe. On a beau nommer leurs noms, leurs prénoms, rien n’y fait, on s’émeut quelques secondes puis, plus rien. On a déjà tourné la page. Il ne faudrait pas être accusé par une partie de la gauche, la droite et l’extrême-droite d’  » de droitdelhommiste, boboiste islamogauchiste grandremplaciste multiculturaliste communautariste » (rayez la mention inutile).

On va en vacances sur la côte d’azur et on se baigne dans un cimetière. Quand des migrant.es arrivent sur une plage, leur présence derange plus que la fragilité de leurs embarcations. Nos murs doivent être respectées à tous prix, et celleux qui veulent fuir la misère, la guerre s’écrasent contre des frontières que nous, Européen.nes, on a délocalisé. On ne veut pas les voir ces personnes, hors de nos villes qui doivent ressembler à des musées, hors de nos terrasses et de nos cafés, on les reloge, on les efface du paysages. Les migrant.es ne sont plus des pères, des mères, des fils et filles de quelqu’un, des oncle et tantes, ils et elles sont réduit.es à leur statut, à leur situation, une situation dont visiblement, on s’accommode aisément de l’horreur.

« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » cette citation partiale de Rocard suffit à celui ou celle qui la prononce de s’absoudre de toute obligation. On peut s’installer et voyager presque partout dans le monde, on peut laisser nos gouvernements envoyer nos déchets au quatre coins de la planète, on peut consommer des fruits « exotiques », des ressources naturelles partout dans le monde sans penser aux conséquences écologiques et économiques, on peut profiter des richesses, symboliques et financières, reposant sur la colonisation et l’esclavage, on peut donner des leçons aux femmes africaines et leur dire combien d’enfants elles doivent accoucher tout en les laissant à la merci de violeurs quand elles sont migrantes, on peut découper un continent entier en frontières qui n’ont aucun sens, ça oui on peut.

Par contre, « accueillir toute la misère du monde », on peut pas.

On laisse des gens dans des centres de rétention à l’abri des regards. Pour soit-disant « éviter les appels d’air », On les laisse se fracasser sur les murs de notre bel État-nation, aux frontières de l’Europe, la fantasmée blanche Europe, là où pour certain.Es, l’humanité s’arrête. Nos yeux qui transforment des personnes en « sans-papier« , en « clandestins« , en « migrants » s’écarquillent devant le bout du processus, que l’on voit en Libye = des personnes qui ont perdu leur liberté. Et une nouvelle fois, les pupilles des tortionnaires négrophobes et racistes jettent sur la peau de ces personnes leurs pensées ignobles, déshumanisantes.

Cette semaine. J’ai aperçu. Une vidéo. D’un marché. AUX ESCLAVES.

Pour celleux que ça pourrait intéresser, des manifestations sont prévues

:

Et puis ne pas hésiter à faire des dons si on peut à SOS MÉDITERRANÉE et à l’auberge des Migrant.es.

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