2018.

Est-ce que c’est trop tard pour vous souhaiter une bonne année ? On va dire que non.

Pour le début de cette année 2018, je voulais commencer par remercier les lecteurs et les lectrices. Le blog est une plateforme où je peux exposer mes idées et mes raisonnements, en toute liberté, et j’espère que cela vous plaira.

Vous pouvez évidemment me contacter sur ma page Facebook, où j’ai le plus de chances de réponses, sur Instagram ou sur Facebook alors n’hésitez pas à me laisser vos commentaires.

Au délà des polémiques et autres débats , ce qui a marqué l’année de 2017 pour moi, ce sont les innombrables créations des afrodescendants (notamment français). Que ce soit dans le domaine musical (j’ai particulièrement kiffé l’album de Naza), au niveau des livres, des bandes dessinées, des événements et festival (avec le festival Art’Press, le Black Movies Festival, Afropea, Boucles d’Ebènes, Nyansapo, etc), des plateformes artistiques voire même de la fanfare 30 nuances de Noires, le monde afro rayonne de tous les côtés. Ce que j’ai suivi avec beaucoup d’attention, c’était les podcasts : entre The Why, Piment, Le Tchip, What The F* Podcasts, Womanist Podcast, TV in the box, A La Première page, c’est vraiment vivifiant de voir cette émulation, et cette envie de construire, de créer.

2018, c’est l’année des projets-rêves qui éclosent. C’est l’année de publication de mon tout premier recueil de poésie “À nos Humanités Révoltées”, qui sort le 22 mars aux Éditions Métagraphes.

Est-ce que c’est trop tard pour vous souhaiter une bonne année ? On va dire que non.

Pour le début de cette année 2018, je voulais commencer par remercier les lecteurs et les lectrices. Le blog est une plateforme où je peux exposer mes idées et mes raisonnements, en toute liberté, et j’espère que cela vous plaira.

Vous pouvez évidemment me contacter sur ma page Facebook, où j’ai le plus de chances de réponses, sur Instagram ou sur Facebook alors n’hésitez pas à me laisser vos commentaires.

Au délà des polémiques et autres débats , ce qui a marqué l’année de 2017 pour moi, ce sont les innombrables créations des afrodescendants (notamment français). Que ce soit dans le domaine musical (j’ai particulièrement kiffé l’album de Naza), au niveau des livres, des bandes dessinées, des événements et festival (avec le festival Art’Press, le Black Movies Festival, Afropea, Boucles d’Ebènes, Nyansapo, etc), des plateformes artistiques voire même de la fanfare 30 nuances de Noires, le monde afro rayonne de tous les côtés. Ce que j’ai suivi avec beaucoup d’attention, c’était les podcasts : entre The Why, Piment, Le Tchip, What The F* Podcasts, Womanist Podcast, TV in the box, A La Première page, c’est vraiment vivifiant de voir cette émulation, et cette envie de construire, de créer.

2018, c’est l’année des projets-rêves qui éclosent. C’est l’année de publication de mon tout premier recueil de poésie “À nos Humanités Révoltées”, qui sort le 22 mars aux Éditions Métagraphes.

Pour celles et ceux qui me connaissent bien, le fait d’être publiée est la réalisation d’un rêve d’enfant, que j’ai longtemps cru être une chimère. C’est un moment très fort pour moi, donc, mais j’ai aussi l’impression d’être au début de quelque chose. C’est comme si, en réalisant ce rêve, je me permets enfin de croire que les chimères que je cultivais en secret peuvent finalement devenir réalité.

A nos Humanités Révoltées”, c’est d’abord pour moi, une autre manière de parler et de discuter de politique. De la rendre plus sensible en la rattachant à des émotions comme la colère, la frustration, la joie et l’espoir. C’est aussi rendre hommage à des figures intellectuelles, familiales et politiques, anonymes ou connues, qui ont forgé ma manière de penser le monde. C’est aussi ma façon d’ouvrir un dialogue pour discuter ensemble de ce qui fait notre monde.

J’ai vraiment hâte de vous le faire découvrir et d’échanger avec vous.

Force, joie et courage à nous.

Pour celles et ceux qui me connaissent bien, le fait d’être publiée est la réalisation d’un rêve d’enfant, que j’ai longtemps cru être une chimère. C’est un moment très fort pour moi, donc, mais j’ai aussi l’impression d’être au début de quelque chose. C’est comme si, en réalisant ce rêve, je me permets enfin de croire que les chimères que je cultivais en secret peuvent finalement devenir réalité.

A nos Humanités Révoltées”, c’est d’abord pour moi, une autre manière de parler et de discuter de politique. De la rendre plus sensible en la rattachant à des émotions comme la colère, la frustration, la joie et l’espoir. C’est aussi rendre hommage à des figures intellectuelles, familiales et politiques, anonymes ou connues, qui ont forgé ma manière de penser le monde. C’est aussi ma façon d’ouvrir un dialogue pour discuter ensemble de ce qui fait notre monde.

J’ai vraiment hâte de vous voir découvrir le recueil et d’échanger avec vous. Il est déjà disponible sur le site des Éditions Métagraphes.

Force, joie et courage à nous.

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Il n’y avait pas que Joséphine Baker !

« The main thread in the history of black Franco-phone intellectual activity is not abstention or ideological timidity–much
less a rush to « assimilation » in any overarching sense–but instead the
French colonial authorities’ persistent and ruthless suppression of black in-
tellectuals. Even the most innocuous cultural efforts were crushed »

Le fil conducteur de l’histoire intellectuelle noire francophone n’est pas un mutisme ou une timidité idéologique ni une course à l’assimiliation -du moins moins en majorité-, mais plutôt une suppression persistante persistante et impitoyable des intellectuel.les noir.es par les autorités coloniales françaises. Mêmes les initiatives culturelles les plus inoffensives étaient brisées.

– Brent Hayes Edwards.

Il y a quelques temps, je lisais un article sur ID sur la gentrification où le journaliste interrogeait un sociologue, et une phrase m’a marqué et assez agacée pour être honnête.

« La question raciale a remplacé la question sociale ».

C’est une théorie très tenace. J’ai pu l’entendre très souvent sortir de la bouche de pas mal de gens, y compris de celles de sociologues ou d’activistes français, souvent blancs. Les mêmes nous accusaient « d’importer les luttes noires-américaines en France » (lol). A croire que les mobilisations des Noir.es n’existaient pas en dehors des États-Unis. Et pas mal d’entre nous peuvent se laisser prendre à ce discours ambiant, alimenté également par des intellectuel.les qui ont travaillé sur l’antiracisme aux États-Unis, qu’on ne citera pas ici.

Mais comment vous dire ? Cette théorie est fausse. Au delà de l’erreur, ce genre de phrases alimentent plusieurs mécaniques, qui sont intrinsèquement liées.

  • penser que la question raciale apparaît en France dans les années 80, et dans la même continuité, penser qu’il n’y a pas de Noir.es en France avant les années 70-80.
  • Et de ce fait nier et invisibiliser toute l’histoire des mouvements noirs francophones, souvent internationalistes, communiquant en dehors des frontières nationales.
  • Penser que des intellectuels et militants noirs francophones n’ont jamais lié la question « dite sociale » et la question raciale.

En lisant Africa Unite de Amzat Boukari-Yabara, un historien du panafricanisme et Practice of Diaspora de Brent Hayes Edwards (celui là est malheureusement en anglais), j’ai découvert tout un nouveau monde d’une histoire totalement occultée.

En effet, dans les années 20’s-30’s, il existait une multitude de revues créés par des Noir.es, pour les Noir.es. Les Continents, Depeche Africaine, La Revue du Monde Noir, Le Cri des Nègres, La Voix des Nègres, Le Courrier des Noirs, Tropiques, L’ouvrier Nègre, Légitime Défense… toutes ces revues étaient publiées et organisées EN FRANCE. Ne parlons même pas des groupes organisés comme le Comité de Défense des Intérêts de la Race Noire, l’Union des Travailleurs Noirs, etc…

Des individus comme Léo Sajous, Maurice Satineau, Suzanne Roussi-Césaire, Paulette Nardal, Lamine Senghor, Tiémoko Garan Kouyaté, Jane Nardal, René Mesnil, Aimé Césaire, Louis-Thomas Achille, Frantz-Fanon, Alioune Diop, Kojo Tovalou Houénou, Émile Faure et d’autres dont on (je) connaît pas encore le nom ont alimenté un mouvement qui couvre tout une partie du XXe siècle. Évidemment, les dissensions existaient au sein de ces nombreux groupes : des dissentions politiques notamment entre celleux qui sont des réformistes et qui ne remettent pas en cause dans sa totalité le système colonial et celleux qui prônent l’indépendance des colonies, celleux qui sont plus ou moins proche du Parti Communiste…

Il n’empêche que des groupes qui ont produit des textes, qui ont construit des alliances transatlantiques, qui ont monté des actions comme des manifestations (contre l’exposition coloniale à Paris en 1931, ou une organisation des ouvrièr.es noir.es) ont existé de ce côté de l’Atlantique. Ces groupes s’inscrivaient dans un mouvement transnational qui travaillait pour l’émancipation des Noir.es. Pas mal de Francophones, comme René Maran (prix Goncourt de littérature) ou Tiémoko Garan Kouyaté (intellectuel et activiste panafricain), ont ainsi pu répondre à des activistes noirs US qui voyaient la France comme comme un paradis à l’abri du racisme et oubliaient totalement la question du colonialisme et du racisme à l’égard des Noirs.

Ne nous trompons pas : les autorités françaises de l’époque (et notamment les services du Ministère des Colonies- devenu le ministère de l’Outre-mer et du service des Affaires Indigènes) surveillaient ces activistes, ces initiatives et notamment ces liens transatlantiques. Interdiction du territoire de certains activistes noirs américains, interdictions de diffusions de traductions de textes américains, refus de diffuser des journaux dans les colonies… C’est d’ailleurs aussi en partie grâce à cette surveillance détaillée que des historien.nes ont pu déterrer ces histoires, via l’utilisation d’archives de ces autorités . Malheureusement le travail de ces historien.nes n’est pas aussi relayé ou distribué et cela participe à l’invisibilisation de l’histoire des Noir.es en France et donc de l’histoire de la racialisation, de la colonisation et de celles et ceux qui se sont levé.es pour lutter.

Pour aller plus loin :

Un incontournable : AFRICA UNITE de Amzat Boukari-Yabara sur l’histoire du panafricanisme

ENG : Practice of Diaspora – Brent Hayes Edwards sur l’internationalisme noir des années 20-30

ENG : Negritude Women – Tracy Sharpley Whiting sur les femmes du mouvement de la Negritude

ENG : Colonial Metropolis – Jennifer Boittin que j’ai déjà cité dans mon article sur l’histoire des relations interraciales.

Là où l’humanité s’arrête.

Ce post sera court et sûrement décousu mais en tant que personne qui se dit afro féministe, inspirée par des féminismes noirs internationalistes, je ne pouvais pas ne rien poster.

Cette semaine, j’ai aperçu une vidéo d’un « marché aux esclaves » en Libye.

Cette semaine. J’ai aperçu. Une vidéo. D’un « marché. AUX ESCLAVES ».

Des personnes migrantes, dont on connaît, à force de récits racontés, les calvaires. Et pourtant, j’ai l’impression que la dimension terrible de ces calvaires est masquée. On égraine le nombre des mort.es dans la mer Méditerranée comme une fatalité, comme s’ils.elles n’étaient que des oeufs qu’il fallait casser pour protéger la forteresse Europe. On a beau nommer leurs noms, leurs prénoms, rien n’y fait, on s’émeut quelques secondes puis, plus rien. On a déjà tourné la page. Il ne faudrait pas être accusé par une partie de la gauche, la droite et l’extrême-droite d’  » de droitdelhommiste, boboiste islamogauchiste grandremplaciste multiculturaliste communautariste » (rayez la mention inutile).

On va en vacances sur la côte d’azur et on se baigne dans un cimetière. Quand des migrant.es arrivent sur une plage, leur présence derange plus que la fragilité de leurs embarcations. Nos murs doivent être respectées à tous prix, et celleux qui veulent fuir la misère, la guerre s’écrasent contre des frontières que nous, Européen.nes, on a délocalisé. On ne veut pas les voir ces personnes, hors de nos villes qui doivent ressembler à des musées, hors de nos terrasses et de nos cafés, on les reloge, on les efface du paysages. Les migrant.es ne sont plus des pères, des mères, des fils et filles de quelqu’un, des oncle et tantes, ils et elles sont réduit.es à leur statut, à leur situation, une situation dont visiblement, on s’accommode aisément de l’horreur.

« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » cette citation partiale de Rocard suffit à celui ou celle qui la prononce de s’absoudre de toute obligation. On peut s’installer et voyager presque partout dans le monde, on peut laisser nos gouvernements envoyer nos déchets au quatre coins de la planète, on peut consommer des fruits « exotiques », des ressources naturelles partout dans le monde sans penser aux conséquences écologiques et économiques, on peut profiter des richesses, symboliques et financières, reposant sur la colonisation et l’esclavage, on peut donner des leçons aux femmes africaines et leur dire combien d’enfants elles doivent accoucher tout en les laissant à la merci de violeurs quand elles sont migrantes, on peut découper un continent entier en frontières qui n’ont aucun sens, ça oui on peut.

Par contre, « accueillir toute la misère du monde », on peut pas.

On laisse des gens dans des centres de rétention à l’abri des regards. Pour soit-disant « éviter les appels d’air », On les laisse se fracasser sur les murs de notre bel État-nation, aux frontières de l’Europe, la fantasmée blanche Europe, là où pour certain.Es, l’humanité s’arrête. Nos yeux qui transforment des personnes en « sans-papier« , en « clandestins« , en « migrants » s’écarquillent devant le bout du processus, que l’on voit en Libye = des personnes qui ont perdu leur liberté. Et une nouvelle fois, les pupilles des tortionnaires négrophobes et racistes jettent sur la peau de ces personnes leurs pensées ignobles, déshumanisantes.

Cette semaine. J’ai aperçu. Une vidéo. D’un marché. AUX ESCLAVES.

Pour celleux que ça pourrait intéresser, des manifestations sont prévues

:

Et puis ne pas hésiter à faire des dons si on peut à SOS MÉDITERRANÉE et à l’auberge des Migrant.es.

Les Internets, il faut qu’on parle.

Parlons peu. Parlons bien.

Depuis quelques temps, il apparaît clair que les réseaux sociaux et internet deviennent un champ de cyber batailles entre différents camps politiques (Flavia Dzodan le dit bien mieux que moi). Quand je dis camps politiques, je ne parle pas seulement des fanzouses de Sarkozy ou de la Méluche Hive, bien qu’on pourrait en parler longuement. Je parle du fait que sur plusieurs platformes de réseaux sociaux, on laisse des groupes de gens appartenant à l’extrême-droite s’organiser. Ce n’est pas nouveau (CF l’affaire du Gamergate) et on voit que le grand public paraît se saisir de ces questions avec l’affaire #Webedia et un certain forum qui organisait des raids organisés sur des militantes féministes, des femmes et personnes trans, des afrofem et des femmes voilées depuis des années.

Une journaliste, également féministe, a été touchée par ce harcèlement, et a pu mobiliser son réseau médiatique, important, pour montrer la chose. C’est bien. Mais ce n’est qu’une partie du problème. Alors que Twitter se met à décerner des certifications à des néo-nazis américains, alors que les utilisateurs.trices de ce réseau ont alarmé à PLUSIEURS reprises de la prolifération des nazis sur le net, on voit des militants antiracistes, féministes, LGBT de plus en plus vulnérables. Après les raids, le spam, on observe une nouvelle technique : les néo-nazis signalent des comptes (ex Amel Lucky, OumyWanKenobi) ou des pages facebook, encore « peu suivis, non validés et ces comptes sautent.Alors que Twitter peine clairement (et ce n’est pas le seul) à protéger ses utilisateur.rices (de plus en plus de comptes se mettent en verrouillés etc), des groupes d’extrême-droite utilisent les propres outils de Twitter pour faire supprimer et suspendre certains comptes. Ça coûterait bcp aux plateformes de réseaux sociaux d’investir massivement dans des politiques qui visent à répondre efficacement à ce phénomène ? Où est-ce que ça leur rapporte de laisser ça en l’état ? Sans vouloir être dans le complotisme le plus total, je m’interroge.

Pourquoi j’en parle.

Twitter (et les réseaux sociaux) est un lieu où, entre deux fachos et « trolls » (des gens qui pratiquent souvent le harcèlement et qui sont souvent d’extrême-droite ou qui ont des idées réactionnaires ), on apprend pas mal de choses et surtout on diffuse pas mal d’outils pédagogiques, de notions de concepts, d’évent, de comptes rendus de manifestations ou de réunions. On sort parfois de l’isolement. C’est une ressource qu’il ne faut pas négliger. Certains ne le font certainement pas. Ça interroge aussi sur la fragilité de l’outil et du support : qu’est ce qui se passe si on est suspendu, quelles sont les solutions alternatives, comment on peut s’engager au quotidien. Je préfère le mentionner parce qu’on ne peut se permettre d’attendre qu’une autre personnalité ayant un fort capital social et (même si parfois dégradé) et une capacité à mobiliser importante se retrouve la cible de ces nouvelles méthodes : ces personnes se font d’abord les dents sur des profils vulnérables ou dont le public mainstream se foutent.

Quelques conseils, critiquables bien sûr, pour finir cette ébauche de réflexion, que je continuerais sur le blog et en dehors :

  1. Personnellement, j’essaie au maximum de de ne pas débattre avec les fachos. C’est une habitude à prendre parce que c’est dur de ne pas aller mentionner directement ces *********** bref. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps c’est une perte d’énergie. Du coup je ne recommande pas. Assénez des vérités à la limite, mais c’est tout.
  2. Variez les réseaux. Si possible, utilisez Discord (même si j’y pige rien pour l’instant).
  3. Si vous pouvez (vous êtes dans une grande ville et avez la possibilité mentale/physique) = allez aux rencontres IRL c’est cool.
  4. Hésitez pas à ouvrir un blog/Tumblr et désactivez les coms si besoin (l’écriture ça peut être difficile et tout mais vous êtes assez bon.nes)
  5. Les pauses c’est sous-coté parfois. La violence est aussi dehors mais on en subit pas mal aussi sur internet.

Pour aller plus loin :

Suivre Flavia Dzodan sur Twitter et lire son blog : Red lights Politics

Buzzfeed : Le terme de troll ne convient pas aux harceleurs sur le forum 18-25.

« De toute façon, toi tu ressembles à Ngolo Kanté « 

En grandissant en France, puis en arrivant sur les réseaux sociaux, j’ai remarqué certaines choses qui étaient très récurrentes : le fait qu’on associe les femmes noires à des joueurs de foot masculins français, souvent de peau foncée. Ainsi, j’ai moi même pu être affublée d’appelation comme « Bakayoko », « Ngolo Kanté » etc. Cette association était évidemment négative : les corps de footballeurs noirs à la peau foncée (#colorisme) étaient transformés en insultes à l’égard de femmes noires, comme un moyen de les humilier.

Mrs Roots a déjà parlé, dans un article qui a fait couler beaucoup d’encre, et qui a provoqué pas mal de réactions (et pas toutes positives) de misogynoir. Ce terme créée par l’intellectuelle et féministe noire US Moya Bailey et popularisé par l’intellectuelle et womanist Trudy soulève la question de la misogynie particulière qui touche les femmes noires. Autant la question de l’hyper-sexualité des femmes noires est assez abordée, que ce soit dans les témoignages, avec les fameux  » panthères », autant la question de la masculinisation des corps des femmes noires dans le regard des autres est mis de côté. J’aimerais, à travers cette article, ouvrir une discussion sur comment la manière dont on pense le genre et la race, et comment particulièrement, les femmes noires ne sont précisément pas pensées comme appartenant au genre « femme » dans la pensée coloniale. Ces représentations nous suivent jusqu’à aujourd’hui, au travers d’insultes qui nous paraissent presque anodines si elles ne touchaient pas à quelque chose de plus profond.

Dans « La matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française », écrit par Elsa Dorlin, les « Africaines » sont décrites comme n’étant pas des femmes : via une construction stéréotypée et raciste de leur sexualité. Selon certains médecins européens de l’époque : elles n’auraient pas de pudeur – car elles étaient seins nus-/un plus fort désir sexuel car auraient le sang chaud : des attributs qui seraient d’après eux plus proches de l’homme. Un article qui est sorti il y a quelques jours sur Libération atteste d’autant plus de cette vision des femmes noires comme n’appartenant pas au genre féminin : les femmes sont décrites comme  » plus viriles du fait des travaux de force qu’elles accomplissent, de leurs corps musclés, de leur chevelure courte « . Ainsi, on voit que la rencontre des colons européens avec les femmes noires cimentent les stéréotypes de genre occidentaux et les alimentent : les femmes noires ne sont pas vues comme des femmes car elles sont vues comme plus fortes et leurs cheveux crépus ne sont pas des vecteurs de féminité. Cette remise en cause de leur féminité, voire même leur masculinisation, ouvre la porte à une totale déshumanisation : la présupposée force des femmes noires devient une justification pour des mauvais traitements, tortures et poursuite de l’esclavage . Comme l’expliquait l’activiste abolitionniste Sojourner Truth dans son texte « Ain’t I a Women » en tant que femme noire, elle n’était pas vue comme un objet fragile, à protéger : cette expérience du genre ne s’adresse ainsi qui à un nombre limité de personnes.

Cette exclusion des femmes noires de la vision occidentale et masculine du genre féminin au moment de la colonisation se perpétue dans certaines pratiques, considérées parfois comme banales par une grande partie de la population : le traitement de Serena Williams par exemple, où on a pu constater un total deni de sa féminité à cause de son corps. On peut également souligner la manière dont certains, pour tourner en ridicule les femmes noires, s’obstinent à utiliser leur usage supposé ou réel de postiches, rajout et perruques pour souligner une absence de cheveux (encore une fois réelle ou supposée). Via ce procédé, on observe une remise en cause de la féminité des femmes noires selon des critères similaires à ceux de l’époque coloniale = les femmes sans cheveux ( c’est à dire sans cheveux longs et lisses qui tomberaient dans le dos) ne seraient pas des « vraies femmes TM » et il faut tourner en dérision ce qui est vu comme une pastiche de féminité.

Au delà des critères de beauté occidentaux, exclusifs, on le sait, on voit que l’esthétique et l’apparence physique ont joué dans l’exclusion des femmes noires dans la catégorie « femmes » dans l’oeil euro américain, hégémonique. Parfois on dit même  » femmes et minorités visibles » comme si les femmes noires et racisées n’existaient pas. Ce qui est intéressant de comprendre, c’est qu’on constate qu’il n’y a pas seulement eu une « invisibilisation » des femmes noires dans la manière dont on pense la féminité, le genre en Europe/Amériques (et notamment dans les mouvements féministes blancs comme l’ont souligné à de nombreuses reprises black feminists US, afroféministes, womanists, feministes africana etc ) mais une exclusion pure et simple s’appuyant des critères racistes hérités de la colonisation, alors même que les femmes noires sont aussi aussi susceptibles d’être victimes de violences masculines.

Pour aller plus loin :

Ne Suis-je pas une Femme ? Femmes noires et féminisme – bell hooks

Le Ventre des Femmes : Françoise Verges

Fausse humilité, étouffement de soi et rêves déraisonnables.

Depuis que je suis petite, disons 9-10 ans, j’ai eu envie d’écrire. Je me souviens qu’à neuf ans, j’écrivais des paroles de chansons, des poésies. A 10-11 ans, en CM2, une ancienne copine et moi on avait créé ce journal qui s’appelait « Écrivaine en herbe », où j’écrivais des histoires sur des filles de mon âge. Mon imagination débordait sur des dizaines et des dizaines de pages, je remplissais des cahiers et des carnets pour faire vivre des héroïnes qui me ressemblaient et qui semblaient n’exister que dans ma tête. Ma grand-mère me raconte que j’avais toujours un cahier et les mains couvertes d’encre (et aussi que je suis censée raconter son histoire, mais ce sera pour une autre fois).

Pourtant, le fait de vivre de cette écriture me paraissait être un rêve lointain. Les personnes que les médias et le monde me montraient comme étant la représentation de l’écrivaine ou de l’artiste ne me ressemblaient que trop peu à l’époque. Dans ma tête, si on était une femme noire artiste en France, on ne pouvait être que chanteuse ou danseuse, et encore. Malheureusement, ce n’était pas mes domaines de prédilection. Et puis, il fallait être raisonnable car *mum voice*

Une femme noire doit se battre quatre fois plus parce qu’elle est Noire et qu’elle est une femme !

Raisonnable. Je devais me rendre à l’évidence, emprunter une voie bouchée comme celle du journalisme ou pire, vouloir espérer vivre de sa plume relevait de l’inconscience. Je devrais me consacrer à trouver une voie plus simple, dans un monde qui m’attendait au tournant, pour être en sécurité.

Et pourtant. Mes doigts continuaient à me brûler. Les mots continuaient à s’échapper, à couler. Je n’écrivais plus des romans à l’eau de rose, mais je continuais à hurler sur le papier, sur l’écran, à projeter mon cerveau contre cette page blanche, c’était plus fort que moi. J’étais tiraillée entre l’envie toujours plus forte d’écrire et la peur, qui m’envoyait des messages assourdissants. J’en voulais à la petite partie de moi qui voulait essayer, continuer de penser à ce désir d’écriture et j’essayais à tout prix de lui faire entendre raison.

Je maudissais cette partie de moi qui voulait croire en ses rêves. *moment niais*

Il fallait que je sois raisonnable. Il fallait que je paie mes factures, que j’ai un boulot normal, et que j’arrête toutes ces histoires de bouquins, de plume pour les ranger au fond d’une armoire à côté de vieux souvenirs d’enfance.

Pendant longtemps, je n’ai rien dit à personne. Que pouvais-je dire de toute façon ? Comment expliquer à quelqu’un qu’on a un vieux rêve qui nous pourchasse depuis l’école primaire ? J’avais peur qu’on me juge encore plus naïve que je ne l’étais déjà. Et puis un jour, alors que je déjeunais avec une amie dans un Paradis du Fruit, tout ce qu’il y a de plus basique, elle me dit ces mots d’une simplicité lumineuse :

« Mais meuf, quoi que tu fasses, tu reviens à l’écriture. Tu te mets des barrières, ta peur te met des barrières, mais tu ne fais que tourner autour pour ensuite y revenir. Essaie. »

Je me suis retrouvée sans voix. Sans moyen de protester. C’était difficile de reconnaître que cette soi-disante humilité dont je me targuais m’empêchait d’aller plus loin, masquait mon horizon. C’était la peur, tout simplement. La peur de l’échec, la peur du rejet, la peur d’essayer tout simplement. La peur de trop espérer, la peur de prendre une voie qui n’était pas supposée être pour moi, la peur d’avoir l’air stupide en poursuivant ce rêve.

Et puis ensuite, j’ai vu des femmes, comme moi, des femmes noires en FRANCE, qui écrivaient des choses, qui publiaient des romans, des pièces de théâtres, des bandes dessinées, des essais politiques , des articles de presse, de la poésie. Tant bien que mal, ces écrivaines, auteures, journalistes, artistes, défendaient leur plume. Je les ai vues passer par leurs périodes de doutes, de larmes, d’échecs et de réussites.

Je les ai vues et mes doigts se sont mis à chatouiller encore plus. Je les ai vues et pour la première fois, j’ai eu envie de me jeter dans la bataille. Je les ai vues et j’ai enfin compris pourquoi ma mère me disait tout tout le temps  » N’aie pas peur, ma fille. ». Elle comprenait (et comprend) pourquoi j’aurais envie d’être faussement humble pour me réduire, pourquoi j’aurais plus facilement envie de rétrécir, pour rester dans une ombre familière .

Je tente. Résultat, je vais publier mon premier livre, un recueil de poésie, en mars 2018. Moi qui me recroquevillais à l’idée de laisser quelqu’un lire mes écrits il y a quelques années, me voilà trépignant d’impatience, voulant partager avec le monde mes mots. (Je risque d’en parler sur le blog)

Je suis morte de trouille. Je sais qu’il y aura des échecs, des coups durs, des pauses. Il y en a déja.Pourtant, je ne peux plus être spectatrice de ma propre vie et voir les autres réaliser leurs rêves, mes rêves. Je veux savoir quel goût ça a, d’essayer.

Hello, it’s me… UPDATE TIME !

Bonjour à tous.tes !

J’espère que celleux qui ont pu ont passé de belles vacances et que tout le monde a eu l’occasion de se reposer et de se retrouver.

J’écris ce petit billet pour vous annoncer les dernières nouvelles. En ce moment, je suis très occupée, avec des nouveaux projets que j’ai hâte d’annoncer ici. Vous allez bientôt me retrouver sur plusieurs canaux, donc restés branchés, je fais des annonces sur mon Twitter, Instagram et sur ma page Facebook !

Malheureusement, ça voudra aussi dire que je ne serai pas sur le blog, pendant quelques temps. J’ai aussi hâte de vous y retrouver : mais mes bavardages, réflexions, cris du coeur et autres pensées seront disponibles sur pleins de nouveaux supports 😉. Cet été par exemple, j’ai écrit un article sur le mouvement body-positive qui a été publié par Buzzfeed. J’ai également été invitée sur France Culture pour parler d’afroféminisme en compagnie de Nacira Guénif-Souilamas et de Nassira Hedjerassi, à écouter ici !

Je suis aussi en pleine création artistique (ouuuuuh ça sonne bien !). En effet, je suis en pleine écriture de mon recueil de poèmes, qui va être publié en mars 2018 aux Éditions Métagraphes. Du coup, j’écrirais sûrement des textes plus tard si le processus d’écriture mais pour l’instant, c’est déjà assez bien comme ça !

Je reste toujours disponible via les formulaires de contacts et via la page Facebook !

A très vite pour le dévoilement de la suite 🙂