Des news en pagaille…

Bien, il est temps de donner quelques petites nouvelles, avant de laisser la place  articles habituels :

  • Le blog a enfin une page facebook : J’y partagerais mes évènements et les endroits où je me suis exprimée mais aussi les choses qui m’ont interpellé, énervé, émerveillée, soulée (et sûrement beaucoup d’articles de presse sur la politique, BEWARE ! :). Retrouvez moi là bas 🙂
  • Vous pouvez aussi me retrouver sur Atoubaa, un média dédié aux femmes noires francophones, où j’anime la revue « Parti Pris » orientée sur la politique. J’écris aussi pour  le webzine culturel  » Deuxième Page » !
  • Le vendredi 17 février, je participe à un café-débat à Lyon sur l’afro-féminisme ! J’espère voir certains d’entre vous. 16729206_1046760868763811_8633985748511966196_n

Je vous réserve encore d’autres surprises mais ce sera pour une prochaine fois 🙂

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« Go for Greatness, Kiyémis » – Partie 1

En ce moment, depuis quelques semaines, quelques mois, j’ai l’impression que nous sommes plongé.es dans une longue, longue nuit glaciale et froide, réellement comme métaphoriquement. Le contexte politique n’aide pas : c’est à dire que les problèmes de sexisme, d’oppression capitaliste, de racisme, ne sont pas exactement neufs. Et pourtant j’ai l’impression d’une accélération, d’une augmentation de ces différentes formes de violence. Peut être que je suis plus attentive, peut être qu’effectivement, la nuit est tombée et va durer un certain temps. 

Dans cette nuit qui s’annonce sombre (j’entends au loin le bruit des bottes et je trompe mon angoisse avec le brouhaha de boîtes de nuits et autres bars), quelques lumières brillent parfois. Quelques écrits, quelques auteurs, des rencontres, des ami.es, des gens. Ces deux derniers jours, j’ai eu la chance de rencontrer des femmes noires que j’admire beaucoup. Que d’émotions en ces quelques jours. 

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Léonora Miano est une écrivaine camerounaise. Elle a écrit 8 livres, le plus connu étant La Saison de l’Ombre mais j’ai rencontré son travail à la suite d’un lobbying intense de Mrs Roots, avec le livre Blues Pour Élise. Blues Pour Élise est le tout premier livre français écrit par une auteure francophone avec une héroïne afropéenne (et un rapport fort avec une mère africaine) que je lis. Et je lis ce livre très tard soit l’année dernière. J’ai eu un coup de coeur et je choisis, après l’avoir lue sur l’affaire d’Adama Traoré et après avoir écouté un podcast enivrant sur France Culture de continuer à suivre plus attentivement cette auteure.

 Léonora Miano présente son dernier livre « Crépuscule du Tourment » (qui mérite un billet tout entier tant le livre m’a transportée) dans une petite librairie du 4e. J’arrive à l’heure (pour une fois) et la petite librairie est absolument blindée. Il faut carrément aller chercher des chaises des cafés d’à côté pour faire asseoir tous ceux qui sont venus écouter Léonora Miano. Je me place devant pour profiter de ses paroles. Et c’est un moment privilégié, je dois dire. Sur un timbre grave et doux, Léonora Miano nous confie l’un des déclencheurs de son écriture -un chagrin d’amour-, avoue qu’elle attend des lecteur.es de prendre le temps de lire son oeuvre, de passer un moment avec elle. Au détour d’un rire, d’un sourire, elle évoque les questions de genre, de race, de colonialisme, d’assignations identitaires finalement. Elle parle de sa fille, afropéenne (oui, encore, oui, comme moi ) et la compare avec sa propre expérience de femme qui a grandi au Cameroun « où tout le monde est Noir, donc personne ne l’est, on se voit partout, on sait qu’on est capable d’être docteur, avocat, président. ». Elle raconte ses débuts, des difficultés pour les éditeurs de concevoir des héroïnes noires francophone de classe moyenne vivant en France. Elle souligne la complexité des liens mère-fille dans ses romans, en avouant que ça dit aussi beaucoup d’elle et de sa propre vie. 

Elle parle de tout cela, et mes yeux brillent, et mon coeur bat un peu moins vite, détendu, apaisé. Elle a une voix qui apaise Léonora Miano ! Même quand elle évoque l’acharnement injuste subi par la famille Traoré qui recherche la vérité. Elle est bienveillante, apporte quelques éléments de réponse à certaines interrogations. Elle dit tranquillement  » qu’il faut à la fois reconnaître le passé et arriver à s’en détacher ». Mon impatience rencontre un sourire qui veut dire  » je vous comprends. Je te vois, je vous vois ». 

Parce que mon corps a franchement du mal à gérer les émotions, je frissonnais en l’entendant. Comme si c’était trop. Suis-je devenue une groupie 😂 ? C’est fort possible ce soir là. J’ai eu la chance de rencontrer deux jeunes femmes noires qui écrivaient aussi. C’est tellement drôle d’entendre son histoire dans la bouche d’une autre ! D’entendre le doute, les failles, le manque de confiance et pourtant, cette envie, ce besoin presque irrépressible d’écrire. On venait de partager ce moment avec Léonora, et ces rencontres avec Aminata et Peggy ont achevé d’ensoleiller ma soirée. Ce plaisir de se voir l’une en l’autre, de débattre, de rire avec des inconnues qu’on a l’impression de déjà connaître… J’avais à coeur de leur parler du film « Ouvrir La Voix » d’Amandine Gay, des revues Ataye et Atoubaa, du projet l’AfroLeSite, des films de l’une et de l’autres actrices noires françaises, de celle-ci qui allait participer à une chaîne télé. Je tirais de la brillance de jeunes femmes que je côtoyais de près comme de loin un plaisir et une fierté qu’il fallait communiquer, amplifier, faire connaître.

Arrivée aux dédicaces, Léonora Miano demande  » d’où venez-vous, qu’est ce que vous faites ? » et s’en suit une conversation sur le féminisme, sur les difficultés d’évoquer l’existence de féminismes noirs (afro-féminisme en tête), et elle acquiesce en riant quand je demande si elle se réclame plus du womanism.

J’aimerais lui parler des heures, lui poser mille et une questions, l’entendre parler du Cameroun, des Ateliers de la pensée. J’aimerais lui dire qu’en écrivant des héroïnes pour que sa fille puisse se reconnaître, elle a écrit pour nous aussi. Mais d’autres veulent aussi lui communiquer leur admiration et comment les blâmer ?

Je pars avec un sentiment d’exaltation, de plaisir et de joie d’avoir rencontré cette romancière en croisant les doigts pour la recroiser. La prochaine fois, j’irais lire Volcaniques

Après « Black Feminism, Womanism, and The Politics of Women of Color »…

Edimbourg, J+2…

Ce samedi, j’ai eu la chance d’intervenir dans le cadre de la conférence  » Black Feminism, Womanism and the Politics of Women of Color ». Plus qu’une chance, c’était un honneur d’intervenir et d’assister à la brillance de collectifs féministes menées par des femmes racisées. J’ai eu la chance de parler avec l’auteure et poétesse Sianah, de voir Cécile Emeké, d’assister aux temoignages inspirants et passionnés de deux femmes Noires du collectif Abinsidi  (qui organisait des sessions coiffures, des camps d’été ou encore qui gardaient les enfants de leurs communautés). J’ai eu le bonheur d’entendre Amandine Gaye parler de la question de l’adoption transnationale et transraciale et des points sensibles, brûlants qu’elle exposait. 

Ce samedi, j’ai eu la chance d’être dans un lieu où personne ne remettait en question les oppressions qu’elles pouvaient vivre. J’ai eu la chance de participer à une rencontre entre des chercheuses, des activistes, des artistes, qui parlaient de leurs expériences personnelle, de leur travail militant, de leurs recherches artistiques et universitaires. 

Un collectif de femmes noires, Abasindi, oeuvrant pour la communauté à Manchester

J’étais un peu intimidée, il faut le dire, à l’idée de parler dans ce cadre qui m’est familier en tant qu étudiante, spectatrice, mais pas en tant qu’intervenante à part entière. Mais la principale organisatrice Akwugo Emejulu nous a boosté en commencant la journée par un discours qui inscrivait la conférence dans un mouvement de construction du féminisme noir européen, et tout de suite, j’ai été transportée par ses propos. En rappelant que la pertinence du féminisme noir avait été questionnée non seulement par la droite (évidemment) mais aussi par une partie de la gauche, A. Emejulu a fait écho à une actualité brûlante que pas mal d’entre nous connaissent. Je me suis rappelé ce mouvement politique français qui prétend combattre « l’intersectionnalité » (?!?!) et je me suis sentie soutenue, à ma place dans cette salle de conférence qui ré-affirmait, dans un contexte européen, l’importance de prendre en compte les différentes oppressions de genre, de classe et de race qui s’imposent à nous, et qu’il est bon d’analyser et bien sûr de combattre.

Quel plaisir de voir une femme noire, au sein de l’université, mener ces conversations, créer des espaces dans un lieu qui n’est pas non plus exempt de logiques excluantes  (faut grave renoncer à l’idée que l’université, c’est le paradis non oppressif par excellence, parce que LOL ERREUR. Toute la violence symbolique que tu te prends dans la gueule quand tu maîtrises pas certains codes académiques… mais ceci est un autre sujet). Même s’il ne faut pas se perdre dans le piège de la représentation, j’ai quand même savouré ce moment. 

Cette rencontre, parler à des femmes noires habitant en Angleterre, en Irlande, aux Pays Bas, m’a donné encore plus envie d’approfondir mes études sur l’afro-féminisme dans une perspective européenne. Lire des textes produits par des femmes Noires qui parlent de migrations, de déracinement, de sexisme raciste et de racisme sexiste. Re-découvrir une histoire militante qu’on a laissé de côté et qu’on a considérée comme peu importante. Valoriser les travaux des femmes noires qui sont nos contemporaines  et s’atteler à ce que celles-ci, on ne les oublie pas.

Akwugo Emejulu et votre serviteuse

Shooting day.

Aujourd’hui,  je suis allée shooter pour le magazine Plump. Il faisait 8 degré et j’étais en short caraco moulant mais c’était fun. J’ai trouvé ça fun. J’ai eu de la chance de le faire. La photographe (Lily Hooks ❤) était géniale et les rédacs du magazine sont très chouette.

J’aime bien être derrière l’appareil. Ça m’avait manqué. J’aime bien. J’ai hâte que les photos sortent.

– ceci était un billet très court mais j’attends que les photos sortent pour pouvoir me prononcer- .